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Iconoclasts – L’idolâtrie du métroïdvania

Au sommaire :

  • Icône visuelle
  • Briseur d’idoles
  • La mécanique subversive
  • L’image complète

À l’heure où les jeux AAA mobilisent toujours plus de moyens financiers et de personnes, le jeu vidéo Indépendant apparaît comme son contrepoids évident, avec des équipes réduites et des moyens modestes. Iconoclasts apparaît comme une version exacerbée de ce contrepoids, puisque l’équipe derrière le développement du jeu ne compte qu’une seule et unique personne. Joakim « Konjak » Sandberg a en effet passé presque huit ans pour nous livrer ce jeu, une performance des plus impressionnantes qu’on se doit de saluer comme il se doit. Mais toutes ces années valaient-elles le coup ? Le résultat final vaut-il le détour ? Assurément !

Icône visuelle

Je vais être honnête avec vous, je ne suis pas un grand connaisseur en métroïdvania. Iconoclasts fait en effet partie de ce sous-genre de l’action-aventure aux codes particuliers, extrêmement huilés, qui constituent pour ses amateurs une saveur particulière qu’on ne retrouve que peu ailleurs. Joakim Sandberg fait partie de ces amoureux de ce genre, cela apparaît très clairement lorsque l’on joue à son bébé, il s’agit d’une lettre d’amour qui en respecte tous les fondamentaux. Mais alors, pourquoi un relatif néophyte dans le genre comme moi a-t-il pu vouloir jouer à Iconoclasts ?

Il y a une vraie attention du détail

La réponse saute aux yeux dès lors que le jeu apparaît sur l’écran du joueur. Si je ne suis pas un acharné des métroïdvania, je suis en revanche un très grand amateur de jolie 2D, pour avoir moi-même pratiqué le pixel-art et le spriting. L’aspect visuel d’Iconoclasts m’a tout simplement tapé dans l’œil dès ses premiers visuels, par la propreté de ses environnements et de ses personnages, l’utilisation de couleurs chatoyantes qui explosent dans tous les sens tout en réussissant à ne pas fatiguer l’œil. Mieux encore, le jeu est d’une lisibilité assez exemplaire. En un mot comme en mille, Iconoclasts est vraiment beau, une merveille de 2D, dont je suis en quelque sorte tombé amoureux avant même d’y jouer. Mais une fois la partie démarrée, j’ai pu constater également la qualité des animations, qui plutôt que de chercher une fluidité de tous les instants préfère jouer la carte de la praticité et du style. En découle donc peu d’animation lock et un aspect percutant des plus jouissif, cela couplé à de très jolis effets visuels. Cerise sur le gâteau, le jeu se renouvelle bien artistiquement parlant, il y a une réelle identité que ce soit pour les personnages ou les environnements, terminant de parachever un tableau visuel que je qualifierai d’exceptionnel pour ce qu’il cherche à proposer. Chapeau bas monsieur Sandberg, vous avez su vous emparer de la fibre rétro de la 2D tout en la mettant au goût du jour.

Briseur d’idoles

Mais de quoi ça cause Iconoclasts au juste ? Avec un titre comme ça, je m’attendais bien entendu à des sujets controversés, la religion en tête, je n’ai pas été déçu. Dans Iconoclasts, on incarne une mécanicienne prénommée Robin, profession dangereuse puisque le simple fait d’être pris à réparer une machine vous vaut d’être une hérétique, passible de mort. Cela ne semble cependant pas décourager notre protagoniste qui malgré son statut souhaite venir en aide aux gens. Elle sera cependant prise la main dans le cambouis par les agents, des sortes de super-soldats dopés à l’Ivoire – la ressource du monde d’Iconoclasts – au service du « Projet », un gouvernement pour le moins despotique dirigé par « Mère », considérée comme une véritable divinité. S’en suit donc une aventure pour la courageuse et volontaire Robin, afin de se sauver et aider les gens qu’elle aime, pour peut-être enfin comprendre exactement ce qui se trame dans ce monde au bord de la perdition.

Malgré les thèmes lourds, le jeu ne manque pas d’humour

Le scénario d’Iconoclasts est pour le moins prenant et constitue le moteur principal de jeu, suppléant avec une certaine harmonie l’aspect exploration du genre. Les événements se suivent avec un certain rythme, donnant envie de toujours avancer. On nous donne en effet à découvrir un casting des plus sympathiques, auquel on s’attache assez vite dans l’ensemble. C’est aussi une autre spécificité d’Iconoclasts comparé au genre en général, Robin n’est au final qu’assez rarement seule, elle voyage avec plusieurs compagnons au caractère bien trempé, qu’on incarnera même dans certains courts passages. L’écriture du jeu est faite dans un ton tragi-comique, oscillant entre les moments d’humour plutôt efficaces et les situations désespérées pour nos héros. Iconoclasts s’intéresse à différents sujets assez difficiles, tels que l’écologie, le despotisme, la religion, la famille, le transhumanisme, et quelques autres encore. L’intelligence de l’écriture réside cependant réellement dans son dosage. Les différents sujets sont présentés avec assez de clarté et de profondeur pour apparaître clairement aux yeux du joueurs. Dans le même temps, Joakim Sandberg leur a laissé suffisamment de subtilité et même parfois d’ambiguïté pour laisser à chacun l’occasion de se faire son propre avis et sa propre réflexion, quelque chose de vraiment agréable. En ressort donc un scénario bien mené, aux sujets forts, sans tomber dans le subversif exacerbé et idiot ou couper le rythme du jeu. Une véritable réussite encore.

La mécanique subversive

On l’a déjà dit, Iconoclasts est un métroïdvania dans la plus pure tradition, il en respecte tous les codes principaux. Ainsi, manette en main, le jeu est certes très classique, il faut le reconnaître, mais également extrêmement solide. Les commandes répondent à la perfection, Robin est vraiment très maniable ce qui ne laisse que très peu l’impression, en cas de dégâts pris ou même de mort, que c’est la faute du jeu. Le nombre de mouvements à réaliser est suffisamment important et ils sont suffisamment variés pour donner au joueur une certaine versatilité. Par exemple, la charge verticale de Robin peut permettre de rebondir sur les ennemis ou les tuer, mais également de détruire certains obstacles ou encore de dévaler très rapidement une pente. L’arsenal de notre héroïne se renouvelle régulièrement, avec trois types de tirs, et surtout une certaine personnalisation proposée via les compétences optionnelles, dont seules trois peuvent être actives à la fois. Le seul véritable bémol que je mettrais concerne la précision excessive demandée pour se saisir de points d’accroche pour l’énorme clé qui sert à la fois d’arme et de grappin à notre héroïne. Cela rend certains passages plus difficiles et frustrants qu’ils ne devraient l’être, mais cela demeure suffisamment rarement un problème pour être un réel défaut. On peut aussi éventuellement reprocher une certaine maladresse lorsque l’on doit porter des objets, mais cela ne m’a pas beaucoup posé problème.

La palette de mouvement est plutôt riche

Le level design du jeu est à ce titre vraiment travaillé. Aidé par l’excellente direction artistique du jeu, ils sont très lisibles, laissant une bonne idée des endroits où nous pouvons aller. Passé le début du jeu plus linéaire et quelques moment du scénario, nous pouvons retourner à tout moment dans les anciens niveaux pour profiter de nos nouvelles compétences afin de débloquer certains coffres et passages. L’utilisation des différents pouvoirs de notre héroïne est faite de façon suffisamment intelligente pour gratifier le joueur curieux, le récompensant avec des secrets parfois plutôt bien cachés. Iconoclasts renouvelle par ailleurs plutôt bien sa boucle de gameplay, en proposant des énigmes variées, certaines pas forcément évidentes, un très bon point pour un métroïdvania.

L’image complète

En ligne droit, Iconoclasts se termine entre 10 et 15 h de jeu, ce qui constitue donc une bonne durée de vie initiale. Cette dizaine d’heures de jeu est vraiment bien rythmée, on ne s’ennuie jamais. Le jeu compte une vingtaine de combats de boss, proposant des combats très différents, certains plutôt ardus, d’autres faisant appel plutôt à votre réflexion et votre patience, il y en a pour tous les goûts. En revanche, si on sort des sentiers battus et que l’on vise le 100%, la durée de vie devient bien supérieure. Comme cela a été dit, certains secrets sont vraiment difficiles d’accès. Le jeu propose en outre deux boss optionnels, dont l’accès est quelque peu obscur, ainsi que quelques quêtes annexes. Enfin, on trouve plusieurs niveaux de difficultés, ainsi que la présence d’un New Game +, ce qui offre donc une excellente rejouabilité. Pour le prix de vente du jeu, on en a clairement pour notre argent , surtout étant donné la qualité de ce qui nous est proposé.

Charmant

Un petit mot rapide concernant la traduction française. Le jeu est entièrement traduit, et reste dans l’ensemble plutôt correcte. On note cependant quelques approximations ou traductions étranges, parfois même des traductions littérales au bord de l’erreur, et même un cas de fenêtre dépassant le cadre du jeu (cela était peut être cependant un trait d’humour du jeu, cela reste donc à pondérer). Ceci est dommage, mais pas catastrophique pour autant.

Nous terminerons en évoquant tout le travail auditif réalisé sur Iconoclasts. Les musiques sont dans l’ensemble plutôt agréables, accompagnant bien les environnements, et rythmant bien les affrontements. Quelques unes sortent même parfois du lot, restant facilement en tête, ce qui est forcément très bon signe. Les effets sonores tels que le son des pas ou celui accompagnant les attaques sont également rès réussies, soulignant bien l’action et offrant un retour d’information très clair. Un peu à l’image de tout le jeu quoi, une réussite.

Je me répète, mais ce jeu est beau bon sang !

Iconoclasts est de ces jeux un peu intimistes, que peu de monde connaît, et qui pourtant sont de véritables perles. Il y a un véritable souci du détail, une véritable passion que Joakim Sandberg parvient à transmettre. Certes, contrairement à ce que son titre semble vouloir dire, ce n’est pas un jeu révolutionnaire, proposant de nombreuses nouveautés et qui laissera sa marque indélébile dans l’histoire du jeu vidéo. C’est classique mais efficace. Il y a quelques défauts un peu agaçants, qui pèsent cependant vraiment peu en comparaison de la montagne de qualités du titre.

Iconoclasts est au final un excellent jeu 2D, une véritable lettre d’amour à tout un genre, et un titre plutôt intelligent avec ses thématiques. La prouesse réalisé par son seul auteur en est alors d’autant plus digne d’éloges, et on attend avec une attention réelle ses prochains travaux.

Informations sur le jeu

Plateformes : PC, PS4, PSVita

Genre : Action/Aventure

Développeur : Joakim « Konjak » Sandberg

Éditeur : Bifrost Entertainement

Date de sortie : 23 janvier 2018

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