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Il était une fois, La Blonde et moi…Out run, par Jibé Jarraud.

(zeplayer.com)
Une invitation au voyage.

Quand on est petit garçon, les jeux de l'amour ne sont pas réellement concrets, excepté les copines de primaire qui nous bécotent de temps à autres et pour qui l'on craquera, ou l'éternel complexe d'œdipe qui fait parfois des siennes. A cet âge où l'innocence a encore le dessus sur les futurs instincts de perversité, j'ai découvert une de mes premières petites amies pixellisées, avant la fameuse Yuko de la série des Valis sur Pc Engine. La rencontre s'est faite via une borne d'arcade purement masculine : OutRun. Masculine, voire macho, vu que le but est de bomber le torse tel un fier-à -bras pour faire l'épate devant sa passagère, au bord de sa Ferrari Testarosa préparée décapotable pour l'occasion.

Premiers émois de virilité exacerbée car elle est blonde et forcément canon malgré les graphismes grossiers. J'ai eu la chance d'avoir un père joueur, qui était un fanatique de Space Invaders. Quoi de plus naturel que de payer une partie à son fils qui bave devant la sculpturale borne de Sega, le volant invitant nécessairement à une balade accompagné d'une aussi jolie créature. La grande force d'Outrun au delà de la course proposée, sont ses décors qui changent à chaque check point, renforçant cet aspect voyage. Partir à l'aventure et ce sans escales. La musique désormais mythique, les cheveux au vent et cette blonde donnent un goût de Easy Rider, les bécanes en moins.

Liberté, voilà ce que ressent l'enfant de 9 ans que je suis, alors qu'il avale les kilomètres avec une certaine forme d'excitation, celle de se sentir adulte quelque part. Comme si le temps n'avait plus d'emprise, la route hypnotique faisant perdre les repères, intensifiant l'imagination fertile d'un môme qui jusque là limitait son émancipation naturelle à des combats cross-over entre Gobots, Transformers et Maitres de l'Univers. Des scènes de pugilats nécessaires au développement. Mais là, OutRun avait un atout séduction que les jouets de plastique ne proposent pas : La fille.

Et pensez bien qu'un enfant n'ira jamais emprunter une des Barbies de sa soeur et ce pour quelques raisons. La première c'est la honte de se retrouver avec en main la Pin Up créée par Mattel. La seconde c'est de risquer la colère et les pleurs de la frangine qui ira se plaindre aux autorités compétentes, appelées aussi Papa et Maman…

Sauf que dans Outrun pas de problèmes, la fille est à moi, même que je n'ai pas à rougir de l'exhiber. Et ce sentiment de puissance offert par le phallique bolide italien et cette gracile jeune femme à la chevelure dorée, ont quelque chose de sexuel. Sa proposition de nous enfuir elle et moi vers un paradis sans jamais nous retourner, fait que oui je la suis aveuglément. Et de facto, les robots transformables comme les muscles saillants de Musclor, deviennent désuets.

Cette blonde, cette satanée blonde dont je ne connaitrai jamais le nom, qui aura été source de phantasmes, deviendra malgré elle idéal féminin. Et c'est peut-être grâce ou à cause de ce jeu sorti en 1986, que ma préférence va vers celles qui ont les cheveux ensoleillés, tels l'astre hélianthe à son zénith durant la saison estivale; décorum d'OutRun, titre favorisant l'inspiration vers d'infinies latitudes…

Ecrit par Jibé (Zeplayer.com)Voir l’article original