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PORTRAIT DU MOIS : la parenthèse douloureuse du shoot them up

Au sommaire :

  • Portrait du mois : octobre 2017
  • Coupable d’être fidèle
  • Était-il temps de réagir…

Portrait du mois : octobre 2017

Bonjour à vous tous, amis et ennemis lecteurs. Ceci est une toute nouvelle rubrique qui j’espère saura éveiller votre curiosité d’abord et qui sait, votre intérêt ensuite. Je vous propose donc ces « Portraits du mois », qui seront autant d’articles traitant d’un personnage, d’une époque bien précise, d’un item marquant ou de quelque élément que ce soit dont la récurrence ou l’influence ont fait la lumière. Bref, il s’agit de véritables portraits sur des sujets plus ou moins pointus, incongrus, inattendus, mais plus à la sauce Alain Decaux raconte l’histoire aux enfants qu’à la façon cubique d’un Picasso. Pour ce premier essai, je vous propose de nous arrêter sur une période bien triste pour les uns, bien plus heureuse pour les autres, celle de la fin du leadership du shoot them up en arcade, que l’on peut faire démarrer vers 1993 pour la limiter à 1996. Rien ne sera plus comme avant après cela.

LA PARENTHESE DOULOUREUSE du Shoot them up

A la fin des années 80, le shoot them up est devenu un genre si populaire qu’il est même la définition du jeu vidéo. Il règne sans partage dans les salles d’arcade et s’est décliné en une multiplicité de titres. Les grandes séries du genre sont également de véritables institutions et le public en redemande. Mais pourtant…

Si le début des années 1990 semble confirmer la tendance, l’hégémonie du shoot them up est vacillante. La nature essentiellement paradoxale du genre, qui conjugue un principe simple voire simpliste à des jeux d’une difficulté élevée voire rebutante pour certains a longtemps fait la richesse des exploitants. Nul doute que le shoot them up était en ces temps-là synonyme de rentabilité avérée ; de plus la décharge d’adrénaline immédiate permettait d’en donner pour leur argent à des joueurs qui au moins ne se seront pas fait humilier par un jeu exigeant sans contrepartie.

En 1991 les mœurs prennent une route divergente sous l’impulsion d’un genre qui, s’il n’est pas nouveau, sort réellement ses griffes : le VS Fighting, avec comme mètre-étalon un certain Street Fighter II de Capcom. L’arcade se trouve un nouveau visage et une immense part du public découvre cette activité exaltante d’affronter d’autres joueurs et l’aspect compétitif connaît un succès immédiat et généralisé.

Coupable d’être fidèle

Dans le même temps, le shoot them up poursuit sa route mais se retrouve victime de sa définition même : on pilote toujours des vaisseaux, on tire toujours sur des hordes d’ennemis, on meurt toujours victime d’une balle perdue…Mais la recette aussi immuable et institutionnalisée soit-elle finit brusquement par souffrir de cette fidélité à son principe même.

Bref : le shoot them up accuse une faiblesse qui faisait précisément sa force dans les années 80 : il n’est et ne reste que le shoot them up ! Si de nouveaux titres apparaissent toujours et ne déméritent pas, continuent leur progression technique et offrent des défis toujours plus addictifs, le grand public ne suit plus. Pour certains, le genre, si ancré et emblématique des années 80, semble avoir fait son temps. Le shoot them up a désormais vécu ! Un nouveau genre s’apprête à lui prendre sa place en tant que principale attraction des salles de jeux.

Voici pour une hypothèse de principe. Cependant, il en est une autre, tout aussi paradoxale, qui pourrait expliquer -en partie- pourquoi le style de jeu favori des piliers de salles d’arcade traverse cette période de désaffection : son propre public lui voue désormais une fidélité par trop poussée ! Quand on parlait de paradoxe…Tous ces joueurs comme autant de vieux routards de la gâchette en arrivent à devancer les avancées des concepts que leur proposent les grands acteurs du monde du shoot them up. En conséquence, le shoot them up opère une réelle mutation sous l’impulsion d’une frange extrême de son public toujours plus avide de sensations fortes et de jeux encore plus sévères. Il doit désormais satisfaire un noyau d’irréductibles pilotes qui n’en ont jamais assez, là où le grand public qui pourtant était son assise depuis 1978 et le succès des Envahisseurs de l’Espace se désolidarise.

Était-il temps de réagir…

En conséquence, le shoot them up se trouve devant un choix crucial : soit tenter de reformer ses codes au risque d’y laisser son identité, soit jouer son va-tout et donner satisfaction aux plus hardcore de ses fans et devenir un genre réservé, comme on le dirait aujourd’hui : un genre de niche. Le genre restera égal à lui-même et perdra une vaste part de ses pratiquants, pour qui le jeu vidéo en ces années 90 ne se place plus sous le signe des combats spatiaux, mais des combats de rue !

Entre 1993 et 1996, le shoot them up aura donc vécu une transition, une parenthèse douloureuse, dont il ne sortira finalement jamais. De genre star des années 80 à celui de style plus confidentiel destiné à un petit groupe de joueurs désireux de toujours plus d’extrême, il y eut un pas aussi proche qu’abrupt.

Nouveau et dernier paradoxe, pour éviter une désuétude qui sonne désormais comme fait accompli pour bon nombre de joueurs qui abandonnèrent le shoot them up, ce genre ludique dut également opérer une transformation pour conserver son assise ! Cette mutation sera donc un changement de forme mais heureusement le fond restera identique. Pour conserver ses mordus, le shoot them up axera désormais son essence sur des amoncellements de projectiles qui tendront à supplanter l’aspect essentiellement destruction qui était la caractéristique première des grandes œuvres des années 80 et du début des années 90. Et inutile de le nier, il y acquit une dimension encore plus effrayante qui soit attire ou repousse.

Passer d’un genre universel à un genre très ciblé : telle fut l’attitude du shoot them up lors de cette parenthèse douloureuse qui marquera une rupture dans son histoire. Une période nouvelle s’ouvre, dans la douleur mais ce qui ne tue pas rend plus fort. Et le shoot them up a survécu. Toujours plus fort pour ceux qui l’aiment.

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